Trois raisons de déculpabiliser

Honte et culpabilité sont fréquemment ressenties à l’annonce d’un diagnostic positif au VIH. Mais vous pouvez vous libérer de ces sentiments qui risquent de vous empêcher d’avancer. Voici trois bonnes raisons pour le faire.

Le virus est partout, être contaminé peut arriver à tout le monde

Encore associé, dans l’esprit de certaines personnes mal informées, à de mauvais choix et à une prise de risque, le VIH reste pour certains une maladie « honteuse ». Pourtant, on le sait, le virus est partout et il peut toucher tout le monde : homme ou femme, homo ou hétéro, marié et fidèle ou célibataire et volage…

Rencontrer le virus aujourd’hui, c’est, à un moment donné, manquer de chance. Mais n’oublions pas que le VIH est plus présent dans certaines communautés, territoires ou contextes. Environ, 40 % des personnes qui découvrent leur diagnostic au VIH vivent en Île-de-France, alors que cette région représente 19 % de la population française. Dans les villes comme Nice, Montpellier ou Paris, environ un gay sur six vit avec le VIH. Le virus est également très présent dans la communauté transgenre et parmi les personnes hétérosexuelles issues de l’immigration, qui se contaminent pour la plupart à leur arrivée en France. En fonction des contextes et des situations, il était donc statistiquement plus ou moins probable d’entrer en contact avec le virus. C’est juste arrivé, c’est comme ça !

Nous pouvons tous avoir un moment d’inattention

Si vous avez été contaminé lors d’une relation sexuelle, peut-être regretterez-vous de ne pas vous être mieux protégé. Mais, au volant d’une voiture comme le temps d’une soirée, nous pouvons tous avoir un moment d’inattention. Cela arrive.

Culpabiliser parce que vous avez manqué de prudence ou d’informations ne changera pas la donne. Accepter le diagnostic et prendre en main votre santé physique et mentale en revanche, vous permettra de bien vivre avec le VIH.

 « Pourtant j’avais bien toutes les infos pour éviter ça… J’ai honte. Que vont penser mes proches. Ils vont se faire du souci à cause de moi. » Comme Sonia, vous culpabilisez peut-être parce que vous craignez que vos proches s’inquiètent pour votre état de santé. Pour les rassurer, vous pouvez leur communiquer ces informations concrètes et rassurantes : avec un bon suivi médical, un traitement efficace et bonne hygiène de vie, vous vivrez aussi longtemps que les autres.

« Loïc & Lucie – Changeons le regard sur le VIH » – Social Club (2019)

Le VIH ne vous rend pas moins aimable

Quelles que soient les circonstances dans lesquelles vous avez été contaminé, le VIH ne vous définit pas et ne fait pas de vous une personne moins aimable qu’avant ou que les autres. Vous avez toujours et encore droit à l’amour, à l’amitié, au travail… En somme, vous avez, comme tout le monde, le droit d’aspirer à une vie riche et sereine.

Le risque si vous ruminez honte ou culpabilité, c’est de vous renfermer sur vous-même, de vous isoler. Pourtant, il est fondamental, pour vous relever, de vous tourner vers l’extérieur, de continuer à vivre comme avant si ce mode de vie vous convient, ou de prendre de nouvelles habitudes si cela s’avère nécessaire.

En vous rapprochant d’associations ou de personnes qui ont une expérience personnelle du VIH, vous aurez la confirmation que vous avez de la valeur et que votre existence n’est pas vaine. Ce défi, vous saurez le relever en vous délestant de ce sentiment de culpabilité qui vous pèse peut-être aujourd’hui. Et en cherchant en vous les ressources nécessaires pour aller de l’avant, car les solutions à votre situation se trouvent en vous.

© Le Crips Ile-de-France

Suggestions de lecture

Lucie Hovhannessian, Presque comme les autres. Ma vie avec le VIH (Robert Laffont, 2018)