Préparer vos consultations

Pour surveiller votre état de santé et ajuster si nécessaire votre traitement, vous aurez régulièrement rendez-vous chez votre médecin. Découvrez nos conseils pour faciliter et optimiser votre suivi médical et pour devenir acteur de votre santé.

Dans les mois à venir et au cours de votre première année de thérapie, vous serez accompagné de manière régulière pour mettre en place un traitement efficace et pour surveiller votre état de santé. Ce suivi médical est indispensable : ne le négligez-pas, ne l’interrompez pas.

Comment se déroulent les consultations chez le médecin ?

Lors de la première consultation suivant votre test de dépistage, votre médecin vous posera de nombreuses questions et vous prescrira des analyses sanguines pour avoir une image complète de votre situation médicale. Il recherchera notamment d’éventuelles infections autres que le VIH : hépatite B, cytomégalovirus (CMV), toxoplasmose et tuberculose. Il recherchera également d’éventuels troubles du foie, des reins, des os ou du système cardiovasculaire.

En analysant ces résultats, le médecin pourra vous prescrire le traitement qu’il jugera le mieux adapté, lors de la consultation suivante, quelques jours ou quelques semaines plus tard.

Dans les semaines suivant le début de votre thérapie, il faudra suivre de près les réactions de votre corps au traitement : chaque individu réagit différemment à chaque traitement, il faudra donc trouver celui qui vous convient. Si besoin, votre médecin peut vous prescrire un nouveau bilan sanguin quelques semaines après le début du traitement pour vérifier que les médicaments n’entraînent pas d’effets secondaires connus.

Comment sait-on si un traitement ARV est efficace ?

Après un mois de thérapie, un bilan sanguin permettra de voir si le traitement commence à être efficace. Ces analyses consistent essentiellement à surveiller votre taux de CD4 et votre charge virale. Elles peuvent être réalisées dans un laboratoire privé en ville ou à l’hôpital.

Le suivi sera, au cours de la première année, assez rapproché : après 1 mois et après 3 mois de traitement, puis tous les 3 mois.

Si votre charge virale est indétectable après un an de thérapie ARV, le contrôle immuno-virologique (qui mesure votre charge virale et le taux de lymphocytes CD4) sera réalisé tous les 3 à 4 mois si les CD4 sont inférieurs à 500/mm3, et tous les 4 à 6 mois si les CD4 sont supérieurs à 500/mm3.

En plus de ces indicateurs importants, le médecin s’assurera que les antirétroviraux sont bien tolérés par votre organisme et plus particulièrement par votre foie et vos reins. En fonction de tous ces résultats, il pourra éventuellement décider de modifier le traitement.

Si au bout de quelque temps, votre bilan devient stable, et que vous rentrez dans un parcours de maladie chronique, votre médecin peut proposer d’espacer davantage les rendez-vous (et donc des analyses), par exemple un rendez-vous par an. Ce rythme de croisière devrait être défini ensemble : votre médecin est votre allié mais c’est vous qui prenez le traitement.

Votre état de santé général évalué régulièrement

Le bilan sanguin est également l’occasion de vérifier que vous n’avez pas été infecté par la toxoplasmose et le CMV. Si vous avez été récemment exposé ou si vous avez des signes d’une infection hépatique ou de la syphilis, des analyses complémentaires seront prescrites. Au-delà des bilans sanguins, vous serez amené à passer des examens complémentaires tels qu’une ostéodensitométrie : ce test permet de s’assurer que vous n’avez pas d’ostéoporose. Si vous êtes une femme, vous devrez également faire régulièrement un frottis du col de l’utérus pour rechercher d’éventuelles IST. Ne négligez pas ces examens qui sont aussi importants que vos bilans sanguins et n’hésitez pas à demander à votre médecin des prescriptions pour les tests réguliers des IST, en fonction de votre vie sexuelle.

Être acteur de votre santé

Les rendez-vous avec votre médecin ne seront pas seulement dédiés à l’analyse de ces examens. Il est très important de profiter des consultations pour lui poser toutes vos questions ou pour lui parler des problèmes que vous rencontrez dans votre vie quotidienne : vous ressentez des effets secondaires ? Qu’ils soient simplement gênants ou handicapants, parlez-en avec votre médecin. Il pourra le plus souvent vous aider à les soulager, et éventuellement vous prescrire un autre traitement qui vous convient mieux. 

D’une manière générale, sentez-vous libre de poser toutes les questions à votre médecin.

  • Vous ne comprenez pas certains termes médicaux ?
  • Vous avez des questions spécifiques pour bien comprendre le fonctionnement de votre traitement et son efficacité vous concernant ?
  • Vous souhaitez rencontrer un spécialiste en nutrition ou vous faire aider pour arrêter de fumer ?
  • Vous vous inquiétez pour votre (ex-)partenaire sexuel et souhaitez savoir quoi faire ?
  • Vous êtes préoccupé par votre situation personnelle et aimeriez rencontrer une assistante sociale ?

Considérez toujours votre médecin comme votre allié et osez lui faire part de toutes vos interrogations.

Si votre partenaire souhaite poser à votre médecin des questions liées au VIH, n’hésitez pas à demander à votre médecin si vous pouvez venir accompagné au rendez-vous : il sera certainement ravi de répondre aux questions que votre partenaire pourrait avoir.

Préparez vos questions avant le rendez-vous

Pour vivre au mieux avec le VIH, il est en effet important de devenir acteur de votre santé. Cela passe par une bonne hygiène de vie bien entendu, mais aussi par une bonne écoute de vous-même : vous êtes le mieux placé pour décrire vos sensations et difficultés éventuelles.
En en parlant à votre médecin, vous lui donnerez tous les éléments pour vous aider.

Pour être sûr de ne rien oublier, n’hésitez pas, dès qu’une question vous vient à l’esprit, de la noter dans un carnet ou sur votre smartphone.

Si vous n’avez pas pu parler à votre médecin d’une chose en particulier, et que celle-ci ne peut pas attendre, vous pouvez le contacter par téléphone ou par email.

Plus que jamais, vous devez être acteur de votre santé. Il est donc primordial de poser toutes vos questions à votre médecin, de vous faire expliquer et réexpliquer ce qui n’est pas clair. N’hésitez pas, lors des consultations, à prendre des notes. Cela vous aidera à n’oublier aucun détail ou conseil…

Si vous ne parvenez pas à obtenir de réponse rapidement, vous pouvez interroger un autre professionnel de santé : cela peut être un autre médecin ou un pharmacien. Enfin, certaines associations de patients peuvent vous aider à obtenir des réponses. N’hésitez pas à consulter l’annuaire de contacts utiles pour trouver un centre de santé sexuelle, un CEGIDD ou une association qui accompagne les personnes vivant avec le VIH près de chez vous.

L’annonce est presque toujours vécue comme un choc mais, vous le savez, la vie continue et vous saurez trouver en vous les ressources pour faire de ce nouveau chapitre de votre vie une réussite. Pour cela, vous pourrez compter sur le soutien de votre médecin. Qu’il soit spécialiste du VIH ou un médecin généraliste formé sur le sujet, vous devez vous sentir en confiance avec lui. Si ce n’est pas le cas, essayez de trouver un autre médecin. Les associations peuvent vous orienter vers des professionnels de santé séro-friendly dans votre région : vous trouverez leurs coordonnées dans l’annuaire de contacts.


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