La lutte mondiale contre le VIH

La lutte mondiale contre le VIH, qui a commencé à s’organiser il y a plus de trente ans, commence à porter ses fruits sur l’ensemble de la planète. Mais de nombreux efforts sont encore nécessaires pour réduire la mortalité liée au virus dans les régions les moins favorisées du monde. Le VIH est, malheureusement, un excellent révélateur des inégalités entre les pays du nord et du sud, entre les riches et les pauvres.

Pour comprendre la lutte contre le VIH dans le monde, il convient de citer quelques chiffres-clés :

  • 38 millions de personnes vivent avec le VIH en 2019 ;
  • 1,8 million sont des enfants de moins 15 ans ;
  • 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2019 ;
  • 7 millions de personnes vivent avec le VIH sans le savoir ;
  • 1,7 million de personnes ont été infectées en 2018 ;
  • 54 % des nouvelles infections concernent des populations dites « clés », selon l’ONUSIDA : les travailleurs et travailleuses du sexe, les consommateurs et consommatrices de drogues injectables, hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, personnes transgenres et leurs partenaires sexuels.
  • 30 millions de nouvelles infections et près de 10 millions de décès liés au sida ont été évités grâce à la lutte mondiale contre le VIH, lancée en 2000 ;
  • 26 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde avaient, en juin 2020, accès aux thérapies antirétrovirales, soit 67 % de toutes les personnes vivant avec le VIH (et 85 % des femmes enceintes, 73 % des femmes adultes et 61 % des hommes adultes).

L’objectif 90-90-90 fixé pour 2020 loin d’être atteint

En 2000, l’ONUSIDA lance officiellement la « riposte mondiale face au VIH » : baptisé « Objectif 90-90-90 ». Elle vise à déployer tous les moyens afin que :

  • 90 % des personnes vivant avec le VIH soient dépistées ;
  • 90 % de ces personnes aient accès à un traitement antirétroviral ;
  • 90 % de ces personnes traitées aient une charge virale indétectable.
© ONUSIDA

Aujourd’hui, cet objectif est malheureusement loin d’être atteint. Selon les derniers chiffres de l’ONUSIDA, un peu moins de 60 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde présentent une charge virale indétectable. Pour atteindre l’objectif 90-90-90, ce chiffre devrait atteindre 73 %.

Cependant, la lutte avance et, en 2020, quatorze pays affirmaient avoir atteint ce triple objectif : l’Australie, le Botswana, le Cambodge, l’Espagne, l’Eswatini (ex-Swaziland), l’Irlande, la Namibie, l’Ouganda, les Pays-Bas, le Rwanda, la Thaïlande, la Zambie et le Zimbabwe.

La lutte contre les inégalités au cœur de la stratégie de l’ONUSIDA

Dans le reste du monde, on note également des avancées importantes. En Afrique orientale et australe notamment, les nouvelles infections au VIH ont reculé de plus de 38 % depuis 2010.

Cependant, les disparités sont grandes d’un pays à un autre et même d’une région à l’autre. Dans certaines zones d’Afrique de l’Ouest par exemple, moins de 20 % des personnes vivant avec le VIH sont sous traitement.

La prévalence du VIH dans le monde en 2013 (World Mapper)

C’est à ces inégalités d’accès au dépistage et aux traitements que l’ONUSIDA souhaite désormais s’attaquer. Sa stratégie 2021-2026 est baptisée : « Mettre fin aux inégalités, mettre fin au Sida » et a un triple objectif : « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida » pour 2030.

La stratégie appelle, pour la première fois, à mettre l’accent sur la prévention au VIH à destination des population clés et prioritaires : les adolescentes et les jeunes femmes en Afrique subsaharienne, les travailleurs et travailleuses du sexe, les consommateurs et consommatrices de drogues injectables, les hommes ayant des apports sexuels avec des hommes, les personnes transgenres et la population carcérale.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, les investissements des pays riches et moins riches doivent impérativement être maintenus et même augmenter dans les années à venir.

Bientôt un traitement curatif et un vaccin préventif ?

Si les traitements antirétroviraux sont aujourd’hui efficaces, ils doivent être pris à vie par les personnes vivant avec le VIH. Trouver un traitement curatif est désormais l’objectif n°1 de nombreux laboratoires. Et il semble presque à portée de main, comme le montrent la guérison, en 2020, de deux patients (Timothy Brown et Adam Castillejo) suite à la greffe de cellules souches. Cependant, il faudra encore plusieurs années avant d’aboutir à un traitement curatif du VIH accessible au plus grand nombre.

Les recherches se concentrent également sur le développement d’un vaccin préventif. En la matière, les chercheurs français sont en pointe et un vaccin a récemment montré des résultats encourageants, entraînant une réponse immunitaire dans plus de 97 % des cas. Des essais cliniques devaient débuter au printemps 2021, explique l’Inserm. Un nouvel espoir dans la lutte mondiale contre le VIH.

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