Gérer ses émotions

Lorsqu’on vit avec le VIH, on reçoit de nombreux conseils pour préserver et améliorer sa santé physique. Mais il est tout aussi important de veiller à sa santé mentale et d’apprendre à gérer émotions et pensées négatives. Voici pourquoi, ainsi que nos conseils pour apaiser la souffrance psychique et améliorer sa qualité de vie.

Stress, anxiété, angoisses, mauvaise estime de soi, manque de confiance… La souffrance psychique et psychologique est normale, et tout le monde en fait l’expérience au cours de sa vie. Mais entre le choc de l’annonce, le début d’un traitement à vie, l’inquiétude liée à la révélation (ou non) du statut sérologique à l’entourage, et d’éventuelles expériences de stigmatisation, les sources de stress sont particulièrement nombreuses lorsque l’on vit avec le VIH.

Comment savoir si votre souffrance psychique nécessite une aide extérieure ?

Certains médicaments anti-VIH sont connus pour entraîner des effets secondaires tels que l’insomnie, l’anxiété ou la dépression. Ils sont la plupart du temps passagers et s’estompent après quelques semaines. Mais si ces troubles s’installent dans la durée, ils peuvent altérer la qualité de vie et avoir des répercussions importantes sur la santé générale. Des études montrent que plus d’une personne sur cinq qui vit avec le VIH est victime de dépression chronique, ce qui peut conduire à des difficultés à suivre son traitement, à manquer des rendez-vous médicaux ou à avoir une mauvaise hygiène de vie.

Les symptômes de la souffrance psychique varient d’une personne à l’autre. Parmi les plus fréquents, citons :

  • un sentiment de désespoir, de honte ou de culpabilité ;
  • des troubles du sommeil ;
  • l’incapacité à se détendre, le sentiment d’être agité ;
  • des problèmes de concentration ;
  • des idées noires voire des pensées suicidaires.

Si vous ressentez un ou plusieurs de ces symptômes de la souffrance psychique, ou si ces symptômes entraînent une forme d’isolement, vous pourriez trouver réconfort, soutien et soulagement à travers l’une ou l’autre des quatre solutions suivantes.

Le diagnostic
La stigmatisation

Participer à un groupe de parole

Parler de son statut sérologique et de ses émotions à des proches n’est pas toujours facile, ni même possible. Pourtant, mettre des mots sur ses sentiments et partager ses inquiétudes est une première manière d’extérioriser son mal-être et ainsi de le mettre à distance.

Vous pourriez trouver utile d’échanger avec des personnes qui vivent la même expérience que vous en participant à un groupe de parole. Le fait de ne pas connaître personnellement vos interlocuteurs peut en effet vous aider à parler plus librement et plus profondément de vos émotions et de votre vécu avec le VIH.

En participant à l’un de ces groupes d’auto-support, vous rencontrerez des personnes qui partagent concrètement vos préoccupations et pourront vous apporter des conseils pratiques. Cela peut vous aider à libérer la parole et échanger sur les stratégies que les uns et les autres ont développé pour vivre avec le virus. N’hésitez pas à les solliciter.

Si vous ne trouvez pas de groupes de parole près de chez vous ou si cette forme d’échanges ne vous convient pas, vous pourrez trouver du soutien en conversant avec des personnes porteuses du VIH via des forums de discussion sur Internet. Seronet propose ce type de forums où vous pouvez échanger sur différents sujets en toute liberté. Le fait de poser vos questions (ou de répondre à celles des autres) de manière totalement anonyme peut vous permettre de commencer à libérer votre « parole ». Même par écran interposé, échanger avec des personnes vivant une expérience similaire à la vôtre peut être un premier pas important vers votre mieux-être.

Se faire accompagner par un psy

De la même manière que lors des échanges en groupe, parler avec un psychologue peut être l’occasion de mettre des mots sur vos émotions et de prendre du recul par rapport à votre situation. Vous pouvez choisir de rencontrer ce professionnel de l’écoute de manière régulière ou seulement ponctuelle, en fonction de votre ressenti et de vos besoins.

S’il l’estime nécessaire, ce psychologue pourra vous conseiller de rencontrer un psychiatre à même de vous proposer un soutien médicamenteux. Cela peut en effet être nécessaire pour vous aider, de manière transitoire, à retrouver un meilleur sommeil ou à mieux gérer votre anxiété par exemple.

Voici quelques ressources qui peuvent vous aider à tropuvert le bon interlocuteur :

PSYCOM : un site de référence rassemblant de l’information sur les troubles psychiques, les soins psychiatriques, les droits en psychiatrie, les psychothérapies, etc.

Les Séropotes : association LGBT+ de personnes vivant avec le VIH et de leurs proches.

Séronet : espace solidaire entre personnes vivant avec le VIH.

Dans notre annuaire, vous pouvez trouver beaucoup d’autres structures qui peuvent vous accompagner au quotidien.

Rejoindre une association

S’il vous est difficile dans un premier temps de rencontrer un psychologue, vous pourrez trouver une oreille attentive et avisée auprès des personnes qui partagent les mêmes questions que vous. Il existe de nombreuses associations de personnes vivant avec le VIH et de leurs proches, offrant un cadre sécurisé et bienveillant pour vous permettre de poursuivre votre cheminement par rapport au VIH sereinement et en accord avec votre histoire.

Ces associations proposent souvent de nombreuses activités d’accompagnement et de soutien, tout comme des acticités de convivialité. Certaines, comme Sida Info Service, permettent de parler à un écoutant. D’autres, comme la Maison de vie à Carpentras, sont spécialisées dans l’accompagnement individualisé, permettant à chacun de construire des stratégies pour bien vivre avec le VIH en mobilisant ses ressorts personnels.

La Maison de vie à Carpentras accueille des personnes vivant avec le VIH pour des séjours de ressourcement et de répit.

Pratiquer la relaxation, la méditation ou le yoga

Ce n’est pas un hasard si le yoga et la méditation sont de plus en plus pratiqués dans les centres de soins, et désormais recommandés par la science dans le traitement de la dépression et du stress chronique : en portant notre attention sur le souffle, sur les sens et sur le corps, nous sortons du cercle vicieux des pensées négatives et (ré)apprenons à vivre dans l’instant présent.

Excellente thérapie contre le stress et l’anxiété pour la population en général, la méditation de pleine conscience a également montré son efficacité sur la santé globale des personnes porteuses du VIH et souffrant de stress : une étude a en effet prouvé que sa pratique régulière et guidée permettait d’arrêter la baisse du taux de CD4.

Les exercices de relaxation sont, eux aussi, d’excellents alliés pour faire face aux montées d’anxiété, aux pics de stress ou aux insomnies. Il s’agit essentiellement de techniques de respiration faciles à apprendre et à reproduire chez soi, dans les transports en commun et partout ailleurs. Respirer profondément et de manière consciente permet en effet de faire revenir le rythme cardiaque à la normale et aide à détourner l’attention d’une idée ou d’une situation négative.

On peut apprendre ces techniques grâce à un professionnel lors de séances individuelles ou collectives. De nombreuses vidéos sont également disponibles sur Internet et permettent d’être guidé dans sa pratique à tout moment.

Parmi nos supports préférés pour méditer : l’application pour smartphone Petit Bambou, Calm et Headspace (en anglais). Si vous préférez un livre, vous pouvez choisir la simplicité du Petit livre de la méditation de pleine conscience d’Elisabeth Couzon, l’humour de Pas sage, mon livre de méditation anti-clichés de Marianne Leenart. Ou encore, le livre-CD de Christophe André Méditer jour après jour.


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