Des traitements aujourd’hui très efficaces

Si vous lisez ces lignes, c’est peut-être parce que vous avez récemment appris votre séropositivité au VIH ou celle d’un proche. La première information à retenir (et la plus importante !) va certainement permettre de vous rassurer : les traitements antirétroviraux sont très efficaces. Ils permettent à une personne vivant avec le VIH et débutant une thérapie aujourd’hui d’avoir la même espérance de vie qu’une personne séronégative du même âge, voire légèrement supérieur, grâce à un meilleur suivi médical.

Le VIH est aujourd’hui considéré comme une maladie chronique (comme le diabète ou l’hypertension), qui nécessite un traitement et une surveillance à vie, certes, mais n’est plus, sauf cas rares, une maladie mortelle.

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A l’échelle mondiale, les traitements antirétroviraux (ARV) ont fait chuter de moitié le nombre de décès liés au VIH depuis 2003, selon l’ONUSIDA. Ils ont également fait diminuer de plus 75 % le développement des infections opportunistes et l’évolution vers le stade sida (pour syndrome d’immunodéficience acquise), lorsque le virus a attaqué le système immunitaire et commencé à détruire les lymphocytes T4, ou CD4 qui protègent l’organisme de diverses bactéries et infections.

Comment fonctionnent les traitements anti-VIH actuels ?

Concrètement, les traitements antirétroviraux actuels permettent d’empêcher la réplication du virus dans l’organisme. L’objectif est de rendre la charge virale indétectable (moins de 50 unités/ml de sang). Cela permet de limiter de manière très importante les effets délétères du VIH sur l’organisme. Mais cela supprime également les risques de transmissions du virus, qui n’est quasiment plus présent dans le sang ou dans les sécrétions sexuelles.

Les traitements ARV actuels ont un autre rôle fondamental pour le maintien en bonne santé des personnes vivant avec le VIH : ils permettent de restaurer l’efficacité du système immunitaire. Ils font notamment remonter le taux de CD4 et des anticorps essentiels pour protéger l’organisme des infections opportunistes.

Ce que les thérapies aujourd’hui disponibles ne parviennent pas encore à faire, c’est éliminer les réservoirs de virus dans les cellules. Dans les 2 à 4 semaines suivant l’interruption d’un traitement antirétroviral, le VIH reprend sa réplication et la charge virale remonte. C’est pourquoi une bonne observance (le fait de prendre ses médicaments de manière régulière et continue) est la clé numéro un pour garantir l’efficacité d’une thérapie ARV.

D’une manière générale, et sauf dans certaines conditions médicales, il est désormais vivement conseillé de débuter le traitement dès que l’on a connaissance d’une sérologie positive au VIH. On réduit ainsi au minimum les risques de voir évoluer l’infection vers le sida, dont les premiers symptômes se manifestent souvent une dizaine d’années après l’infection, parfois plus rapidement, parfois moins…

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Comprendre les thérapies ARV

Sans entrer dans trop de détails techniques, on peut savoir qu’il existe différentes classes de médicaments anti-VIH, avec des mécanismes d’action différents :

  • les inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse (INTI)
  • les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI)
  • les inhibiteurs de protéase (IP)
  • les inhibiteurs de fusion
  • les inhibiteurs d’intégrase
  • les antagonistes du récepteur CCR5

Ces médicaments sont prescrits sous forme d’associations de plusieurs substances antivirales. Le plus souvent, ces bithérapies ou trithérapies sont composées de deux inhibiteurs. Si vous souhaitez en savoir davantage sur un médicament anti-VIH en particulier, vous pouvez lire cette page complète du Vidal.fr.

Comment savoir si un traitement est efficace ?

Deux éléments biologiques permettent aujourd’hui de mesurer l’efficacité d’une thérapie anti-VIH :

  • la charge virale qui devient généralement indétectable après quelques semaines ou mois de traitement, soit moins de 50 unités/ml de sang.
  • le taux de lymphocytes T4 (ou CD4) qui doit idéalement remonter ou se maintenir au-dessus de 500/mm3, afin de permettre au système immunitaire de bien fonctionner.
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Des traitements adaptés selon différents critères

Depuis l’arrivée des trithérapies en 1996, les traitements anti-VIH sont plus performants et aussi plus nombreux. Ainsi, ils peuvent être adaptés au profil de chaque patient. En fonction de l’état de santé général, d’une situation particulière (grossesse, existence d’une autre maladie, etc.), les médecins peuvent prescrire différentes molécules. C’est notamment dans cette optique qu’à l’occasion de votre première visite, votre infectiologue vous prescrit un bilan complet : il doit permettre de connaître vos éventuelles fragilités (rénales et hépatiques notamment). Le médecin cherchera également à connaître les spécificités du virus par lequel vous êtes infecté, en étudiant son génotype. On sait en effet que certaines formes du virus répondent mieux à certaines molécules qu’à d’autres.

Le médecin discutera également avec vous de vos conditions et habitudes de vie. L’efficacité du traitement repose, nous l’avons vu, en très grande partie sur son observance. On le sait en effet : pour être efficaces, les médicaments anti-VIH doivent être pris à intervalle régulier. Leur baisse de concentration dans le sang, même de manière ponctuelle, peut favoriser la résistance du virus aux traitements. Les études montrent qu’un traitement est pleinement efficace lorsqu’il est suivi à plus de 95 %.

Si vos conditions de vie ne vous permettent pas de suivre votre traitement de manière assidue, n’hésitez pas à en parlez-en avec votre médecin : il vous aidera à trouver les solutions pour prendre vos médicaments régulièrement.

Moins d’effets secondaires, une plus grande qualité de vie 

Plus efficaces pour aider l’organisme à se défendre contre le VIH, les traitements récents ou optimisés sont également bien mieux supportés : ils entraînent de moins en moins d’effets secondaires. La qualité de vie des personnes vivant avec le VIH en est ainsi nettement améliorée.

Cependant, ces effets plus ou moins gênants existent encore, notamment en début de traitement, le temps que le corps s’y habitue. Votre médecin et votre pharmacien pourront vous donner des conseils pour mieux surmonter ces effets indésirables. S’ils sont persistants et vous gênent dans votre vie quotidienne de manière durable (pendant plus de 4 à 6 semaines), il est important d’en parler avec un professionnel de santé qui pourra vous donner des conseils pour les surmonter. Votre médecin pourra vous proposer de modifier votre traitement si ses effets indésirables sont graves (et entraînent une insuffisance rénale par exemple) ou s’ils posent des problèmes d’observance (si vous sautez des prises de médicaments pour éviter les effets secondaires).

Les traitements plus faciles à prendre

A l’arrivée des trithérapies au milieu des années 1990, les personnes vivant avec le VIH devaient prendre jusqu’à 20 comprimés par jour, à heure fixe (y compris au milieu de la nuit) pour que le traitement soit efficace. Aujourd’hui, les médicaments sont généralement combinés dans un à deux comprimés, à prendre en une seule fois par jour.

Pour faciliter davantage l’observance des traitements, enjeu majeur pour optimiser leur efficacité, les laboratoires cherchent à mettre au point des molécules à diffusion longue, qui ne nécessiteraient qu’une injection tous les mois ou tous les six mois. Ils donnent l’espoir que le VIH pourra bientôt rester sous contrôle grâce à une ou deux injections annuelles. Une autre solution actuellement à l’étude est le port d’un patch, un peu comme un patch nicotine pour les fumeurs.

Dans certaines conditions, les thérapies peuvent être allégées, réduisant ainsi le nombre de médicaments ou leur dose. On parle alors d’allègement thérapeutique et il ne doit être envisagé que sous un strict contrôle médical. 

Les médicaments génériques

Les médicaments génériques sont une petite révolution pour l’accès au traitement d’un nombre plus large de patient, dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud. Ils sont aussi efficaces et coûtent jusqu’à deux fois moins chers que les versions princeps (ou originales) des traitements.

Les traitements de demain

Les traitements ont beaucoup évolué ces dernières années, et les molécules déployées récemment sont donc très efficaces contre le virus et pour aider à la restauration du système immunitaire.
L’objectif des laboratoires est maintenant de s’attaquer aux réservoirs de virus pour, peut-être dans quelques années, guérir totalement le VIH.

Pour l’heure, le seul traitement efficace et disponible reste la trithérapie (ou, dans certains cas, la bithérapie). Son arrêt entraîne un retour à la charge virale initiale en l’espace de 2 à 4 semaines.

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