Comment le VIH évolue vers le sida ?

A défaut de débarrasser complètement l’organisme du virus, les traitements anti-VIH permettent aujourd’hui d’éviter l’entrée dans le stade sida. En l’absence de thérapie, en revanche, l’infection gagne du terrain.

S’ils ne permettent pas encore une guérison définitive, les traitements anti-VIH permettent, chez l’immense majorité des personnes, de contrôler efficacement le virus et donc d’éviter ses effets néfastes sur l’organisme. En revanche, en l’absence de thérapie, le virus se réplique et affaiblit sur le système immunitaire. S’il n’est plus assez efficace, des infections opportunistes potentiellement mortelles peuvent apparaître : on parle alors de stade sida.

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Combien de temps après l’infection au VIH le sida apparaît-il ?

En l’absence de traitement, le stade le plus avancé de l’infection apparaît généralement huit à dix ans après la contamination. Mais ce délai est variable. Il peut être plus long, mais aussi plus court : environ 4 % des personnes passent de l’infection au stade sida en moins d’un an.

On parle de stade précoce de l’infection lorsque ce taux de lymphocytes T CD4 est supérieur ou égal à 500/mm3. Entre 350 et 500/mm3, on parle de stade avancé, mais le déficit immunitaire reste léger. Et entre 200 et 350/mm3, on parle de stade tardif : le déficit immunitaire est réel mais il est la plupart du temps insuffisant pour entrer dans la phase sida. En dessous de 200/mm3 en revanche, on parle de stade avancé de l’infection : les risques de sida, caractérisé par l’apparition de maladies opportunistes, est alors élevé.

C’est pour cela que l’on recommande systématiquement aux personnes qui viennent d’être testées positives au VIH de débuter leur traitement immédiatement. Car en plus d’être très efficaces pour contrôler le virus et pour éviter les risques de transmission, les thérapies entraînent désormais beaucoup moins d’effets indésirables. Les bénéfices d’un traitement sont donc, à court comme à long terme, vraiment considérables.

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Quels sont les signes d’entrée dans le stade sida ?

Le stade sida de l’infection par le VIH débute, selon la définition de l’ONUSIDA, lorsque le taux de CD4 est inférieur à 200/mm3. Le système immunitaire est alors très affaibli et ne parvient plus à se défendre contre les infections opportunistes causées par des bactéries, des virus ou des champignons. Sans traitement, certaines de ces infections sont potentiellement mortelles. A ce stade, certains types de cancers peuvent également apparaître.

Le terme sida devrait donc être utilisé seulement pour les stades ultimes de l’infection par le VIH.

L’ONUSIDA évoque quatre stades de l’infection :

  • stade 1 : l’infection au VIH est asymptomatique
  • stade 2 : le système immunitaire est affaibli. Des symptômes mineurs muco-cutanés et des infections récurrentes des voies respiratoires supérieures se manifestent.
  • stade 3 : les diarrhées chroniques inexpliquées de plus d’un mois, les infections bactériennes graves et la tuberculose pulmonaire sont quelques-unes des manifestations de l’affaiblissement encore un peu plus important du système immunitaire.
  • stade 4 : des infections plus graves sont susceptibles de se déclarer, telles que la toxoplasmose cérébrale, la candidose (œsophagienne, trachéale, bronchique ou pulmonaire) et le sarcome de Kaposi.
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Du stade sida à une charge virale indétectable, c’est possible !

Une fois entré dans le stade sida et en l’absence de traitement, l’espérance de vie ne dépasse généralement pas quelques mois à quelques années.

Mais, administrés en complément du traitement contre une éventuelle infection opportuniste diagnostiquée, les traitements antirétroviraux actuels permettent de réduire significativement la charge virale et contribuent à la restauration du système immunitaire. Le retour à une vie en bonne santé est parfaitement possible même si, pendant une période, le virus a gagné du terrain dans l’organisme.

Interrompre un traitement augmente les risques d’entrer dans le stade sida

Si vous prenez aujourd’hui un traitement et que, pour une raison ou pour une autre, vous songez à l’arrêter, sachez que les risques pour que le virus reprenne sa réplication sont inévitables : après quelques semaines d’arrêt seulement, la charge virale remonte de manière significative.

La bonne observance du traitement est indispensable pour contrôler le virus. Si vous souffrez d’effets indésirables gênants, parlez-en avec votre médecin. Il pourra réfléchir à la manière de vous aider pour les surmonter, ou décidera de modifier votre traitement.